Marcel, rami Khalife et Aymeric Wetrich
Marcel, rami Khalife et Aymeric Wetrich
184 Vendredi 20 Juillet 2018
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Un hymne à la vie

 

 

 La magie des Khalife a grandement opéré dans la nuit du 19 juillet 2018 dans l’enceinte du théâtre plein-air d’Hammamet. Marcel Khalife, son fils rami Khalife et le talentueux percussionniste Aymeric Westrich ont amplement conquis le public de la 54ème édition du festival de la ville, présent en masse.

Sur place, le « Sold out » annoncé par les organisateurs du festival d’Hammamet se fait sentir. Des chaises ont été ajoutées afin de permettre à des spectateurs de s’installer convenablement. L’amphithéâtre regorge de mélomanes venus de toute part s’enivrer des textes engagés et poétisés du virtuose chantés, récités et accompagnés de mélodies envoûteuses. Le charme opère dès les premières notes de Marcel Khalife, muni de son Aoud, des percussions de Westrich et de son fils prodige Rami au piano. Une fusion musicale de qualité s’apprêtait à s’abattre sur les spectateurs durant presque 2h.

Comme à chaque fois, Marcel ensorcelle un public féru de musique arabe grâce à sa sensibilité débordante, transmise à travers ses notes alimentant une interaction avec ses admirateurs qui n’a rien à envier une communion divine. Il évoque avec une subtilité inégalée les tourments des peuples arabes, leurs blessures et désarrois. Emotion garantie !

Lors de cette soirée, le trio présent sur scène n’a pas dérogé à la règle et est allé jusqu’à rendre hommage à certains poètes, à la Tunisie, aux martyrs divulguant toujours à travers leur art les nombreux démons qui hantent les peuples arabes de nos jours. Fidèle à lui-même et toujours aussi déterminé à satisfaire son public tunisien particulièrement vénéré, il revisite 4 décennies de son répertoire musical garni, ponctuant ses airs par des messages porteurs d’espoirs, des notes d’humour et des hommages à n’en plus finir.

Il a fait vibrer la foule via « Monntassaba el Kaamet Yaamchi», et a rendu hommage à son ami Adam Fethi, doublé de paroles dédiées à une Tunisie éclatante sans oublier, « Ahannou ila Khobzi Ommi », éloge divin à la mère, et un hymne déroutant rendu aux réfugiés, partout dans le monde intitulé en arabe « Passeport ». D’autres chansons dont une dédiée au peuple palestinien a fait l’effet d’un baume pour les oreilles. D’autres morceaux comme « Sarkha (cri) » ou « Requiem » n’ont pas laissé de marbre. Marcel s’est même essayé au tunisien et c’était tout aussi agréable à écouter.   

Pour la soirée du 21 juillet 2018, place au 7ème art. La 54ème édition du festival de la ville consacre une soirée cinéma, avec une projection en plein – air d’un film évènement « On the Milky Road », réalisé par Emir Kusturica qui se trouve être en tête d’affiche de son film au coté  de Monica Bellucci. Le film retrace le parcours de Kosta, un laitier, qui traverse la ligne de front chaque jour au péril de sa vie pour livrer ses précieux vivres aux soldats. Sur le point d'épouser sa compagne Milena, il fait la connaissance de Nevesta, une Italienne qui est la future épouse du frère de Milena et qui est poursuivie par un général anglais jaloux en quête de vengeance. Kosta tombe amoureux de Nevesta. Le jour du mariage, des troupes d’élite massacrent les participants avant de se mettre en chasse des deux amoureux clandestins.  La projection précédera le spectacle tant attendu du serbe Emir Kusturica, également compositeur d’un grand nombre de B.O de film célèbre. Le monument est attendu sur la scène du théâtre d’Hammamet le 22 juillet 2018.